Balade bio-diversité

Balade dans la réserve naturelle du Moeraske le 22 mai

Publié le mardi 11 octobre 2011

Ce dimanche 22 mai nous avons profité du soleil pour une découverte de la nature en ville à Evere, dans la réserve naturelle du Moeraske. Ce fut l’occasion de se poser des questions sur la place que l’on veut bien donner à la nature en ville, par rapport aux autres usages d’un espace limité et donc fort convoité. Merci à tous les participants pour cette belle après-midi !

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Y a-t-il de la nature en ville ?

La Nature dans la ville... selon le point de vue et la perception que l’on a de la nature, on peut considérer qu’il ne peut être question de nature dans la ville, la ville étant, par définition, à l’opposé de la nature. D’autres points de vue tendent à dire et montrer que la nature est au contraire, partout dans la ville. Pour les scientifiques, la biodiversité concerne essentiellement les espèces sauvages. Mais, en ville, peut-on conserver cette attitude ? La place des espèces exotiques (plantes ou animaux qui ont été introduits depuis d’autres régions ou continents) ou des animaux de compagnie y est telle que le rôle de ces espèces peut devenir important. Par exemple, le chat, qui est le principal prédateur de la faune urbaine, joue un rôle clé dans le fonctionnement de l’écosystème urbain. Mais accepter que les espèces domestiques et exotiques remplacent la faune et la flore qui serait naturellement présentent à Bruxelles, c’est aussi accepter une nature moins originale, puisque l’on trouverait les mêmes espèces un peu partout.

Quelle place pour la biodiversité en ville ? Quel espace lui consacrer ?

La pression sur l’espace est en ville, très importante. La décision de maintenir ou de développer un espace semi-naturel se heurte le plus souvent à d’autres intérêts plus directement chiffrable en termes économiques. Il sera souvent très difficile de défendre politiquement une utilisation de l’espace uniquement réservée au maintien de la biodiversité. C’est pourquoi, le plus souvent, les espaces verts assurent également d’autres fonctions : gestions des eaux, purification de l’air, rôle social et récréatif, circulations des piétons et cyclistes…

Comment protéger biodiversité urbaine tout en donnant la possibilité aux citadins d’entrer en contact avec la nature ?

Le citadin veut une nature de proximité, riche en espèces animales et végétales, mais pas n’importe quelles espèces : il préfère généralement celles qu’il connaît et refusera celles qui le gênent (les orties par exemple !), même si elles sont essentielles au bon fonctionnement de l’écosystème urbain. Tout développement harmonieux de la nature en ville ne sera possible que nous l’acceptons sous ses différentes facettes. Un autre problème est de permettre le contact avec la nature tout en la protégeant. A Bruxelles, il existe quelques réserves naturelles intégrales, inaccessibles au public, mais la plupart des zones d’intérêt biologiques sont accessibles et subissent des dégâts à cause de la pression récréative, des chiens courant en liberté etc.

La biodiversité à Bruxelles en chiffres

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La région de Bruxelles-capitale a une superficie de 160 km2. Près de la moitié de cette surface est non bâtie et 15% ont une haute valeur pour la conservation de la biodiversité. La Région compte 800 espèces de plantes, 45 espèces de mammifères, 92 espèces d’oiseaux nicheurs, 69 papillons de jour… Parmi les espaces verts, 20% appartiennent à des particuliers (parcs privés, jardins …). Cela montre l’importance de la sensibilisation des bruxellois à une gestion écologique de leurs jardins : il y a là un grand potentiel pour donner un coup de pouce à la biodiversité urbaine !

Le maillage vert

Le maintien et le développement de la biodiversité à Bruxelles se heurte à de nombreux problèmes : des sols déstructurés, des perturbations multiples (luminosité, bruit, animaux domestiques, circulation…), et parmi les plus importants : la fragmentation des habitats. Pour pouvoir survivre à long terme, les animaux et plantes ont besoin de pouvoir se déplacer d’un endroit à l’autre. C’est particulièrement difficile en ville. Pour tenter d’améliorer la connectivité des espaces verts entre eux, la Région tente de mettre en place un maillage vert. Ce maillage est constituée de zones centrales où la protection de la nature est la fonction dominante, des zones tampons où la protection de la biodiversité est souvent combinée avec d’autres usages, des zones de développement où la nature est encore peu présente mais donc la gestion peut être améliorée afin de la favoriser, de corridors qui relient ces différentes zones (chemins creux, talus de chemin de fer, promenade verte…) et de zones relais intermédiaires (jardins en intérieurs d’îlots etc.). Les mises en œuvre de ces corridors écologiques doivent impliquer aussi bien l’urbaniste qui les intégrera dans son projet, que le citadin qui, en gérant mieux son propre jardin, peut participer activement à la qualité écologique de son quartier.